Désillusionnée avant l'âge je dégueule sur la facticité des sentiments. J'emmerde le monde parce que je le hais, je le hais de ne pas être ce que je voudrais qu'il soit. On vit... comme des cons. On mange, on dort, on baise, on sort. Encore et encore. Et encore... Chaque jour est l'inconsciente répétition du précédent : on mange autre chose, on dort mieux ; ou moins bien, on baise quelqu'un d'autre, on sort ailleurs. Mais c'est pareil. Sans but ; sans intérêt. On continue. On se fixe des objectifs factices. Je n'aime personne et je ne fous rien ; je ne veux pas tenter de me distraire, ou de m'occulter la vérité, la vie est une salope, et chaque seconde de lucidité est un supplice. Nous mêlons l'alcool à la beuh, la beuh à la coke, la coke aux ecstasys ; les mecs baisent des putes sans capotes et jouissent dans les copines de leurs petites soeurs, qui se font de toute manière partouzer du soir au matin. Nous sommes en pleins délires, emportés dans une course effrénée de gaspillage gargantuesque. On prend du prozac comme vous prenez du Doliprane, on a envie de se suicider mais notre lâcheté nous empêche de mettre fins à nos souffrances. La force tranquille de son corps étendu dont seul le contact me brule la peau et l'âme.
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